LES TRAVAILLEURS HUMANITAIRES FACE AUX RISQUES DU TERRAIN : Plus de 1 100 victimes à travers le monde en 2025
Plus de 1 100 travailleurs humanitaires ont été victimes à travers le monde, en 2005, dans l’exercice dans leur travail. C’est du moins de ce qu’a rappelé la ministre de la Santé et du Développement Social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo TOURÉ, dans un message de solidarité et d’engagement en faveur des populations vulnérables et des acteurs humanitaires qu’elle a livré, le 19 août 2026, à la veille de la commémoration nationale de la Journée mondiale de l’Aide humanitaire, prévue ce jeudi 20 août à Mopti.
Placée sous le thème « Agir pour l’humanité », la Journée mondiale de l’Aide humanitaire est l’occasion de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui, partout dans le monde, portent assistance aux populations affectées par les crises, parfois au péril de leur vie.
La Ministre a notamment rappelé qu’en 2025, plus de 1 100 travailleurs humanitaires dont 2 au Mali ont été victimes à travers le monde. Dans son message, la ministre Assa Badiallo TOURÉ a souligné « la persistance des défis humanitaires au Mali et dans l’espace de la Confédération des États du Sahel (AES), notamment les déplacements de populations, les aléas climatiques et les vulnérabilités socio-économiques ». La commémoration nationale revêt, cette année, un caractère particulier. Pour la première fois depuis 2019, elle se tiendra hors de Bamako, à Mopti. Ce choix vise à rapprocher la célébration des populations affectées et à mettre en lumière les efforts des autorités régionales, des services techniques, des acteurs humanitaires et des communautés hôtes. La ministre met également en avant les résultats du deuxième Forum des ministres chargés de l’Action humanitaire de l’AES, tenu sous le thème « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES ». Une rencontre qui a permis de réaffirmer la volonté des États membres de renforcer la coordination régionale, l’anticipation des crises et la recherche de solutions durables.
Dans son message, Mme la Ministre adresse ses remerciements à l’ensemble des acteurs humanitaires, aux partenaires techniques et financiers, aux familles d’accueil ainsi qu’aux Forces de défense et de sécurité. Elle rend également hommage aux victimes civiles et militaires et salue la résilience des populations maliennes.
À travers ce message, le Gouvernement réaffirme son engagement à renforcer la solidarité nationale et à faire de l’action humanitaire un levier de résilience et de développement durable.
« Ensemble, continuons à agir pour l’humanité ; ensemble, continuons à construire un Mali plus solidaire, plus résilient et plus prospère », a conclu le Ministre.
Les travailleurs face à plusieurs défis au Mali
Les organisations humanitaires sont confrontées à plusieurs obstacles qui compliquent leurs interventions et limitent leur accès aux personnes ayant besoin d’aide, rappelle Studio Tamani
Selon Nouhoum Maïga, directeur général de la Croix-Rouge malienne, interrogé par le même média, la mobilisation des ressources constitue l’un des principaux défis auxquels le secteur humanitaire est confronté. « Le premier défi déjà, c’est le défi lié à la mobilisation des ressources, mais nous avons la chance de multiplier nos bailleurs, ce qui fait que nous continuons, tant bien que mal, à pouvoir donner des services humanitaires. » Au-delà du financement, l’accès aux populations constitue une autre difficulté importante. La Croix-Rouge malienne s’appuie toutefois sur un important réseau de volontaires implantés au sein des communautés.
Selon son directeur général, cette présence locale facilite la poursuite des activités humanitaires malgré les contraintes sécuritaires. « La chance que la Croix-Rouge malienne a, nous disposons de plus de 10 000 volontaires sur toute l’étendue du territoire qui sont ancrés dans les communautés et qui font partie de ces communautés-là. »
Des contraintes logistiques
Même avec cette forte implantation communautaire, certaines zones restent difficiles d’accès. Les problèmes logistiques et sécuritaires peuvent empêcher les équipes d’atteindre les populations dans les conditions souhaitées. « Les problèmes logistiques liés à la dégradation des routes, les mines qui sont posées, au braquage et au banditisme résiduel, tout cela fait que nous ne pouvons pas accéder aux populations comme nous le voulons. »
La protection des travailleurs humanitaires apparaît ainsi comme un enjeu essentiel pour garantir la continuité de l’aide aux personnes vulnérables.
« Accompagnement des services publics », un atout
La Croix-Rouge malienne affirme également bénéficier du soutien moral et de l’accompagnement des services publics.
Nouhoum Maïga souligne toutefois que cet accompagnement ne remet pas en cause l’indépendance de l’organisation dans la conduite de ses actions humanitaires. « Nous bénéficions beaucoup de soutien moral, mais aussi de l’accompagnement des services publics, sans pour autant être influencés par les pouvoirs publics dans l’indépendance de nos actions. »
Ainsi, au Mali, les acteurs humanitaires doivent donc composer avec un double impératif. Maintenir l’assistance aux populations vulnérables tout en assurant la sécurité de leurs équipes. Une équation particulièrement difficile dans les zones où l’insécurité et les contraintes logistiques limitent encore l’accès humanitaire.
Rassemblés par Amara Condé
