Editorial : L’année scolaire 2025-2026 entre espoir et inquiétude
A moins de deux semaines de la rentrée scolaire annoncée officiellement pour le 1er octobre, de lourdes hypothèques planent. Rien n’est certain pour le moment, tout peut d’ailleurs dégénérer dans les prochains jours, à moins que le gouvernement et les partenaires de l’école trouvent vite les bonnes solutions aux problèmes déjà prégnants. Ce qui est rapidement possible d’autant qu’il est perceptible chez les uns et les autres de réelles inquiétudes qui fondent chacun à éviter ce que redoutent beaucoup, à savoir une année scolaire perturbée, voire incertaine. Le ministre de l’Education nationale, M. Amadou Sy Sawané, est en tout cas au four et au moulin pour parer au plus pressé. La semaine dernière, il a rencontré une vingtaine de syndicats d’enseignants avec lesquels il a discuté les problèmes afin de trouver des solutions pour une bonne rentrée scolaire. C’est que, pour le moins, son département est sur la sellette. De coriaces doléances sont sur la table, qui nécessitent des réponses urgentes.
Il y a d’abord l’affaire qui concerne les enseignants dits fictifs, c’est-à-dire non-enrôlés dans le Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines de l’Education (SIGRH), qui font partie de 36 151 fonctionnaires répertoriés par les autorités et ont les salaires sont menacés d’être suspendus, voire qui ne manqueront pas de subir conséquemment d’autres sanctions. Or, il semble que le gouvernement a trop vite fait d’annoncer 36 151 fonctionnaires fictifs qui pompent à l’Etat plus de 48 milliards de francs par an, sans au préalable vérifier toutes les zones d’ombre. En tout cas, beaucoup d’enseignants crient à l’injustice en affirmant détenir leur précieux document d’enrôlement alors qu’ils seraient absents de la liste officielle. Des voix s’élèvent ici et là pour réclamer, sinon exiger une correction rapide afin que des infortunés n’en viennent à pâtir d’une appréciation injustice. Des syndicats sont mobilisés, notamment le SYNESUP, qui promet à ses adhérents de les protéger contre ce qui est pour le moment considéré par beaucoup comme une légèreté du gouvernement à faire toute la lumière sur la réalité des fonctionnaires fictifs à un nombre aussi élevé. A Kayes, à Sikasso, pour ne citer que deux régions, des menaces de grève sont brandies. Comme pour corser l’addition, l’épineuse situation des enseignants officiant dans l’enseignement catholique, licenciés pour faute des traditionnelles subventions gouvernementales au profit de ces établissements confessionnels, cherchent des points de chute et d’autres bouées de sauvetage. Ce ne sont pas les seuls problèmes parmi les inquiétudes qui planent sur la prochaine rentrée scolaire…et universitaire en aval.
Fabrice Abdoul