EDUCATION NATIONALE : Des menaces de grève planent sur la rentrée scolaire
Décidément, les enseignants licenciés par l’Enseignement catholique deviennent une épine dans les pieds du gouvernement. Alors que la rentrée scolaire est prévue pour le 1ᵉʳ octobre, plusieurs syndicats d’enseignants menacent d’observer une grève de 72 heures les 8, 9 et 10 octobre 2025. Ils réclament la réintégration immédiate des enseignants licenciés dans la Fonction publique ou dans la Fonction publique des collectivités. Au même moment, à Sikasso, la Synergie régionale et le SNEC déposent un préavis de grève de 48 heures allant du 1er octobre au jeudi, 2 octobre 2025. Le ministre de l’Education nationale est face à un grand défi.
En effet, en cette veille de la rentrée scolaire la tension monte d’un cran entre les syndicats d’enseignants et les autorités en charge des questions éducatives sur avec la nouvelle donne qui est le cas des enseignants des établissements scolaires catholiques. Les fédérations et syndicats de l’enseignement affiliés à la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM), notamment le SYNEM, SYLDEF, SEEPC, SYNTEC, SYN-PDL, FENAREC (sections fondamentale et secondaire), SYNACOP-AEM et SYNTES, ont adressé au ministre de l’Éducation Nationale un préavis de grève de 72 heures, couvrant la période du 8 au 10 octobre 2025 inclus. Dans leur correspondance, les syndicats soutiennent « avoir saisi à plusieurs reprises les autorités compétentes par le biais de courriers et de demandes d’audience ».
Ces démarches, restées sans suite, ont poussé les organisations syndicales à durcir le ton. Ils exigent notamment « le redéploiement immédiat de tous les enseignants licenciés par l’Enseignement Catholique dans le corps des enseignants des Collectivités ou dans la Fonction Publique, conformément à leurs diplômes, catégories, grades et échelons ; le paiement intégral des salaires impayés ; l’application de la prime d’ancienneté, avec rappel sur trois ans, conformément à l’article L.118 nouveau du Code du Travail ; l’ouverture effective des droits à l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et la régularisation immédiate des allocations familiales ; la reconnaissance de l’engagement de l’État, couvrant 80% de la masse salariale, comme fondement légal pour sécuriser l’emploi des enseignants et prévenir de nouveaux licenciements ».
Les syndicats expliquent que « leur démarche n’est ni une menace, ni un affront au Pacte de Stabilité Sociale, mais bien une expression de profonde inquiétude face à une situation qui compromet la survie professionnelle de centaines d’enseignants et menace la stabilité du système éducatif national ». En tout état de cause, ils préviennent : « sans solution avant l’ouverture prochaine des classes, le mouvement de grève sera reconduit et amplifié. En cas d’échec des négociations, une grève de 120 heures débutera le 13 octobre 2025 et se poursuivra jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications ».
Les syndicats expliquent que le préavis de grève était le seul moyen qui leur restait pour se faire entendre par les autorités. « Ce que le syndicat voulait faire, c’est voir ces interlocuteurs-là, discuter avec eux sur des voies et moyens de sortie de crise. Mais si toutes les portes restent fermées, pour se faire entendre, le syndicat dépose le préavis de grève », affirme Luc Sangaré, chargé de formation à la fédération de l’éducation nationale, l’un des syndicats grévistes, rapporte Studio Tamani.
Les parents d’élèves inquiets !
Ce préavis de 72 heures reconductibles à 120 heures inquiète la fédération nationale des associations des parents d’élèves du Mali. « On n’a pas encore ouvert les classes. Si une grève se profile à l’horizon, vraiment, les parents ont le droit de s’inquiéter », se lamente Amadou Sékou Famanta de la fédération nationale des associations des parents d’élèves du Mali. « Ces enseignants licenciés, est-ce qu’ils étaient au compte de la fonction publique des collectivités ou bien de la fonction publique de l’État ? Si tel est le cas, l’État doit les redéployer dans les différents établissements publics. Si tel n’est pas le cas, essayons de trouver une solution, dialoguer, se comprendre, au lieu de profiler une grève, c’est compromettre toute une année », poursuit Amadou Sékou Famanta. La Fédération nationale des associations des parents d’élèves du Mali invite les deux parties à la table de négociation afin de trouver une issue favorable.
Sikasso en grève le jour de la rentrée
Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 de la région la région de Sikasso (SYPESC, SYNEM, SYNEFCT, SYNESEC, SYLDEF, FENAREC, COSES) et le SNEC (Syndicat national de l’éducation et de la culture), viennent de déposer un préavis de grève de 48 heures allant du mercredi 1er octobre au jeudi, 2 octobre 2025.
Cette grève coïncide avec la rentrée scolaire en cas d’échec de négociations entre l’Etat et les syndicats. Dans leur cahier de doléances figurent : « la reprise de la session de mutation régionale du personnel enseignant dans l’Académie d’enseignement de Sikasso en procédant, cette fois-ci, à un dépouillement contradictoire et transparent des demandes, ainsi que le paiement sans délai des rappels de la commune urbaine de Sikasso et de la perception de Niéna ».
Cependant, les syndicats disent disposer « au dialogue autour du préavis ».
Les dysfonctionnements (SIGRH) s’invitent à la rentrée
Le bureau régional du collectif des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 de Kayes menace aussi de boycotter la rentrée scolaire prochaine. Les responsables du collectif protestent contre la suspension des salaires de certains camarades, pour défaut d’enrôlement. Selon le collectif, les enseignants concernés ont bel et bien été enrôlés.
Le ministre de l’Education nationale rencontre les syndicats d’enseignants
Le ministre de l’Education nationale, Amadou SY SAVANÉ, a rencontré le lundi, 15 septembre 2025, une vingtaine de syndicats d’enseignants. L’objet de la rencontre portait sur des échanges autour des préparatifs de la rentrée scolaire 2025-2026. Le premier responsable du Département compte sur un accompagnement de qualité pour la nouvelle rentrée scolaire.
L’occasion est toutefois indiquée pour écouter les partenaires que sont les syndicats. Les difficultés liées à l’enrôlement récent et à l’insécurité des enseignants ont largement été débattues. Les échanges très fructueux ont permis de mettre le curseur sur les préoccupations de l’heure afin de mieux appréhender les pistes de solutions. Le ministre SY SAVANE a rassuré les enseignants de la disponibilité de son Département à trouver des solutions très rapides aux maux qui minent l’école.
Rassemblés par Fabrice Abdoul