L’INAUGURATION DE LA DEUXIEME MINE DE LITHIUM DU MALI PAR LE PRESIDENT DE LA TRANSITION, GENERAL D’ARMEE ASSIMI GOITA : « Le défi est donc double : valoriser le potentiel et transformer structurellement le pays »
Cette initiative s’inscrit dans une vision ambitieuse : faire du Mali l’un des principaux producteurs africains de lithium d’ici à 2026. A l’heure où la transition énergétique mondiale va exploser, et la demande de ce métal essentiel à la fabrication des batteries électriques, cette annonce suscite de grands espoirs, mais aussi des interrogations. Tandem est un espace où les idées se complètent, se confrontent et se répondent à deux voix ; il aborde avec le célèbre économiste et analyste des politiques minières, Modibo Mao Makalou (MMM) dans l’interview qui suit un sujet d’une importance stratégique. C’est dans le cadre de ses activités consacrée aux grandes dynamiques économiques du Mali et de la sous-région. Siaka Coulibaly, correspondant de Spoutnik Afrique au Mali, lui pose les bonnes questions dont, entre autres : Quelles retombées économiques le Mali peut-il en atteindre ? Comment garantir que l’exploitation du lithium bénéficie réellement aux populations locales ? Et quelles sont les perspectives des transformations industrielles autour de cette ressource stratégique ?
Pouvez-vous nous rappeler brièvement le contexte de cette inauguration et la place du lithium dans l’économie mondiale actuelle ?
MMM : Merci pour votre question. Comme vous le savez, le Mali vient d’inaugurer à travers le chef de l’État, président de la transition, la deuxième mine de lithium du Mali, la mine de Gouanala, qui se trouve dans la région de Bougouni. L’exploitation de cette mine va faire du Mali un grand producteur de lithium, en effet, le premier producteur africain de lithium, parce que vous n’êtes pas sans savoir que le 15 décembre 2024, la mine de Goulamina, dans la région de Bougouni toujours, avait été inaugurée. Ce qui fait qu’aujourd’hui, le Mali produit du lithium au niveau industriel dans deux exploitations industrielles. Et ces exploitations, on peut évaluer, pour la première phase à environ 600 000 tonnes de concentré de spodumene d lithium, c’est le minérai qui découle du lithium. Et comme vous l’avez dit, la transition énergétique et écologique ne peut pas se faire sans le lithium, qui rentre dans la composition des batteries de lithium qui sont rechargeables, qu’on utilise pour les véhicules électriques, pour tous les appareils électroniques, aussi pour les éoliennes, mais aussi pour les panneaux solaires, etc. Mais on peut utiliser ça aussi dans la quincaillerie, pour les vitres aussi, et même pour les lubrifiants.
Alors, pourquoi cette ressource est-elle devenue aussi stratégique sur le plan international, le lithium ?
MMM : Vous savez, la transition énergétique et écologique, c’est de quitter davantage les énergies fossiles pour aller vers les énergies renouvelables, parce que c’est moins polluant. Bien vrai qu’en Afrique, nous ne sommes responsables que de 3 % des émissions à effet de gaz de serre. Mais maintenant, vous savez, nous avons une autre problématique, c’est que 40 % des Africains n’ont pas accès à de l’énergie. Ça équivaut à plus de 600 millions de personnes. Et pourtant, nous avons le soleil, nous avons l’eau, tout ce qu’il faut, nous avons le lithium, nous avons le cobalt, nous avons le coltan et le graphite, tout cela pourrait quand même nous permettre de surmonter ces obstacles au développement économique et social. Parce que l’accès à l’énergie, ça permet de renforcer l’activité économique et sociale, mais aussi même les activités liées à la sécurité, parce que dans l’obscurité, évidemment, c’est difficile d’assurer la sécurité. Mais sans énergie, c’est difficile d’enseigner, c’est difficile de se soigner, et c’est difficile même d’avoir un bien-être tout simplement. Donc, de produire aussi à tous les niveaux, la production nationale est liée à l’accès à l’énergie. Donc, je pense qu’avec ce lithium, si nous arrivons à l’exploiter à bon escient, ça pourrait permettre de réduire cette fracture énergétique.
Selon vous, où se situent les Mali aujourd’hui dans la carte africaine de producteurs de lithium ?
MMM : Je l’ai dit à l’entame de mon propos, nous devenons maintenant de facto le premier producteur africain avec 600 000 tonnes de concentré de spodumène de lithium. Donc, c’est le Zimbabwe qui produit pour le moment au niveau industriel en Afrique que nous venons de surpasser. Mais je pense que si nous arrivons à la deuxième phase, il y a de fortes chances que nous nous retrouvions au niveau mondial entre la troisième et la cinquième position dans le monde.
Premier producteur, on va parler indubitablement des impacts économiques et des retombées internationales. Concrètement, quel impact économique peut cette deuxième mine avoir sur le PIB malien et sur les secteurs de l’État ?
MMM : Vous savez déjà, les deux mines de lithium sont assujetties au nouveau code minier de 2023. Cela veut dire que l’État a quand même une participation de 30% et que le secteur privé local, peut avoir une participation de 5%. Donc, on peut dire que c’est 35% de participation nationale. Je pense que ça, c’est une avancée notable, mais ce n’est pas suffisant. Il faut des mesures d’accompagnement. Évidemment, l’État va continuer à bénéficier des taxes, des impôts, des relevances et des dividendes s’il y a des bénéfices. En principe, il devrait y avoir des bénéfices parce que si nous évaluons les études de faisabilité, nous pensons que si le prix international du spodumène de lithium, se situe à environ 1 000 $ la tonne, on devrait pouvoir faire des bénéfices substantiels parce que le coût de production atteint à peine 500 $ la tonne. Donc, il y a une marge assez importante. Il y a le contenu local aussi qu’il faut prendre en compte, qui est associé au niveau du code minier, qui va faire qu’on va connecter davantage l’économie nationale à l’industrie minière. Mais la difficulté un peu, c’est comment ajouter de la valeur davantage à ce lithium parce que pour le moment, nous exportons le produit entièrement comme nous le faisons pour l’or. Donc, je pense qu’il va falloir quand même trouver une stratégie dans les cinq années à venir, comment on peut graduellement quand même ajouter de la valeur ajoutée parce que je vous ai dit, 600 millions d’Africains n’ont pas accès à de l’énergie et 45 % des Maliens n’ont pas accès à de l’énergie.
Donc, si nous avons le lithium, ça veut dire que nous avons une bonne base pour la matière première pour fabriquer des batteries lithium. Donc, je pense que ça, c’est une piste. C’est augmenter d’abord la valeur ajoutée au niveau de l’économie nationale, mais aussi créer des emplois au niveau de l’économie nationale.
MMM : Les emplois, on en parlera. Mais lorsque c’est conséquemment exploité, comme vous l’avez dit, peut-on dire que c’est dû à la pauvreté ? Non, pas tout à fait. Vous savez, les ressources minières, il faut faire extrêmement attention.
Je pense que ce sont des ressources non renouvelables. C’est une manne financière importante. Mais je pense que si cette manne est judicieusement utilisée, réinvestie dans l’économie, parce que c’est le développement économique social et environnemental, parce qu’il faut déjà tenir compte des aspects environnementaux. Il ne faut pas se tenir compte uniquement des aspects financiers. Le développement économique aussi, c’est comment nous allons transformer notre économie structurellement, quitter le secteur à faible valeur ajoutée, parce qu’il n’y a pas de valeur ajoutée, vers un secteur à plus haute valeur ajoutée. On parle de transition énergétique et écologique. Allons dans ce sens en utilisant ce lithium que nous avons à profusion dans notre pays et je pense que ça va nous permettre d’être un acteur important de la transition énergétique. Mais aussi, il va falloir diversifier les partenariats parce que jusqu’à présent, nous ne sommes qu’avec les mêmes entreprises d’un même pays et je pense que nous pouvons quand même diversifier ce partenariat pour quand même amoindrir les risques par rapport à l’exploration et à l’exploitation de nos produits miniers.
Parlons toujours des retombées. Peut-on s’attendre à une création significative d’emplois directs et indirects ?
MMM : Non, pas nécessairement, parce que pour le moment, je crois que nous sommes à environ 500 emplois directs et indirects dans chaque usine. Mais je pense que c’est surtout le produit, si nous arrivons à quand même faire des exploitations industrielles, à ajouter de la valeur, qui sera plus bénéfique pour notre pays. Parce qu’aujourd’hui, avec l’automatisation, la main-d’œuvre nécessaire n’est pas tellement significative. Et vous savez que nous avons une population à grande majorité jeune, moins de 50 % des Maliens ont moins de 14 ans et 2 Maliens sur 3 ont moins de 24 ans. Donc nous avons une population très jeune. Cette population, il faut la soigner, il faut la sécuriser, il faut lui donner à manger, il faut surtout lui donner un emploi décent et un emploi stable. Donc cela ne peut se faire qu’à travers une activité économique pérenne. Donc profitons de cette exploitation minière pour créer des industries, des semi-industriels, pour quand même mettre cette population au travail.
La main-d’œuvre, vous en avez parlé. Comment s’assurer que les communautés locales tirent un réel bénéfice de cette exploitation ?
MMM : C’est extrêmement important cette idée. Moi, j’ai écrit, et j’ai suggéré. Vous savez, ces exploitations minières utilisent beaucoup de capitaux. L’industrie minière est très intensive en capital, l’exploitation minière, que ce soit l’exploration, c’est-à-dire la recherche, que ce soit l’exploitation et même la commercialisation, dans une moindre mesure. Mais maintenant, ces exploitations minières consomment beaucoup d’énergie et beaucoup d’eau. Comment faire bénéficier les communautés avoisinantes de ces ressources en eau ? En approvisionnant l’usine d’exploitation, je pense qu’on peut quand même desservir les populations, mais aussi désenclaver l’accès grâce aux routes, parce que le produit, on l’exploite, il faut l’exporter aussi par la route. Donc, je pense qu’en même temps, il faut désenclaver toutes ces communautés qui sont dans les environs de ces exploitations, pour qu’elles puissent réellement bénéficier de l’exploitation minière, mais aussi au niveau de l’emploi, que les ressources des communautés avoisinantes soient prioritaires pour la main-d’oeuvre, en tout cas non qualifiées, et qualifiées si possible.
M. Makalou, nous voudrions savoir quel mécanisme de gouvernance ou de transparence sont nécessaires pour éviter la dérive souvent associée au secteur extractif.
MMM : C’est un secteur très sensible. C’est un secteur très sensible, c’est un secteur très opaque, et il faut surtout que nous fassions attention, parce qu’il y a des aspects, non seulement au niveau de la production minière, à savoir les quantités réelles qui sont produites, les quantités réelles qui sont exportées, et les prix réels auxquels ces produits qui sont exportés sont vendus. Vous savez, il y a un grand problème dans l’industrie minière, ce sont les prix de transfert, c’est-à-dire les transactions entre deux filiales du même groupe, il y a des aspects commerciaux, financiers et techniques qui sont facturés et qui peuvent léser le pays de production. Donc j’imagine que notre pays a pris des dispositions dans ce sens, mais cela pourrait, si on n’y prend pas garde, amoindrir les recettes fiscales et amoindrir les retombées pour l’économie locale.
Nous allons parler des goulots d’étranglement de cette extraction, l’industrialisation et la transformation locale. Selon vous, au-delà de l’exportation du minerai brut, le Mali a-t-il des moyens de développer une chaîne de valeur autour du lithium, par exemple, dans la transformation ou la fabrication des batteries ?
MMM : C’est ce que je vous ai suggéré plus tôt. Vous savez, nous sommes avec des géants miniers qui sont présents dans toute la chaîne de valeur du lithium.De l’exploration jusqu’au niveau du recyclage des batteries. Ils sont présents sur toute la chaîne. Profitons-en. Profitons-en pour voir au niveau, peut-être pas au degré le plus élevé, le degré le plus sophistiqué de l’industrialisation, mais les chaînes de valeur à notre niveau. Comment nous pouvons entamer cela déjà ? Et cela est extrêmement important parce que si nous faisons cela, cela va permettre de créer des emplois, mais cela va permettre aussi une plus grande industrialisation de notre pays et l’accès à l’énergie à laquelle nous aspirons, que nous puissions aller vers cela. Donc le goulot d’étranglement par rapport à cela, c’est que, évidemment, il faut que ce soit des contrats gagnant-gagnant. C’est dans les conventions d’établissement qu’on établit ces partenariats qui permettent aux pays producteurs de bénéficier. Mais il y a des clauses de négociation. Je pense qu’il n’est pas trop tard si on n’a pas pris certains aspects en compte de vérifier que nous puissions quand même travailler avec ces grands groupes. Parce que, si nous exportons tout le minerai, cela veut dire que la transformation va se faire ailleurs, la valeur ajoutée va se créer ailleurs, les emplois vont se créer ailleurs. Et pourtant, je pense que l’élaboration du Code minier de 2023, c’est pour éviter exactement cela, avec son corollaire, la loi sur le contenu local, était élaborée pour contrer cela. J’espère que nous allons dans le bon sens de l’application des beaux textes que nous avons.
Oui, vous l’avez dit, le Mali a élaboré de nouveaux codes miniers. Quel type d’investissement, alors, et de partenariats seraient nécessaires pour franchir ces capes industrielles ?
MMM : Vous l’avez dit, c’est le partenariat gagnant-gagnant qui est l’objectif, mais vous savez, nous avons affaire à des multinationales qui ne sont pas des organisations charitables, ce sont des organisations qui sont là pour faire des profits, pour gagner de l’argent. Donc, à nous de défendre nos intérêts, de bien les défendre, mais à travers des contrats équilibrés, transparents. Et c’est cela qui va nous permettre de tenir tête à ces multinationales, mais il faut renforcer la capacité de négociation, parce que ces multinationales bénéficient d’une armada de techniciens, de juristes, de financiers, de géologues, de métallurgistes, de toutes sortes de technicités. Donc, il faut vraiment que nous voyons à travers nos contrats que nous tirons les enseignements du passé, les erreurs que nous avons pu faire dans les conventions d’établissement. Je crois qu’il y a eu des corrections au niveau du code minier, notamment au terme de la durée de l’exploration et la durée de l’exploitation, ce qui est plus avantageux pour le pays maintenant, mais aussi réduire les exonérations fiscales, parce que plus d’exonérations, c’est moins de recettes fiscales, mais il faut vraiment que ce soit des contrats équilibrés qui permettent de bénéficier au pays et aux habitants du pays.
Y a-t-il déjà des signaux ou des projets concrets dans ce sens ?
MMM : Pas à ma connaissance. C’est un peu cela mon inquiétude. Comme je l’ai dit, il y a la capacité de négociation, mais moi, j’aimerais bien voir des techniciens dans le domaine du lithium, former des écoles professionnelles pour le lithium, des écoles supérieures ou de l’ingénierie. On va former des ingénieurs pour travailler sur le lithium, parce que la matière première est chez nous. Il ne faut pas que ce soit des expatriés qui viennent tout faire chez nous. C’est contraire à l’esprit du contenu local. Il faut que l’expertise soit là, mais si nous ne développons pas cette expertise maintenant, quand est-ce que nous allons la développer ? Parce que la durée des mines est courte. Ngouanala, c’est une durée de vie de 11 ans, je pense. Ngoulamina, c’est 21 ans pour la durée de vie de la mine, c’est pas beaucoup. Nous avons une population très jeune, donc profitons-en pour les métiers de demain. C’est aujourd’hui qu’il faut les créer.
Alors, Modibo Mao Makalou, vous êtes économiste, nous allons parler des perspectives régionales et de durabilité. Selon vous, le Mali pourrait-il devenir un pôle régional pour la production de lithium dans l’espace AIS ou en Afrique de l’Ouest ?
MMM : Oui, le Mali pourrait être un pôle stratégique. On a déjà le leadership, mais il faut le maintenir. Les conquêtes sont faciles à faire, mais difficiles à maintenir. Nous avons un pays voisin qui nous talonne, c’est le Ghana. Ils sont sur le point aussi de produire du lithium, mais vous savez qu’ils sont les premiers producteurs d’or. Ils sont redoutablement efficaces. Je pense que c’est à notre portée de nous positionner en tant que leader pour pouvoir avancer à ce niveau-là, je pense.
Alors, quels sont les défis environnementaux et sociaux liés à l’exploitation du lithium, et comment le pays peut-il les anticiper ?
MMM : C’est surtout cela. L’exploitation minière est très polluante. Je pense qu’il faut aller vers le sens du développement durable, c’est-à-dire ce qui est k’efficacité économique, qui est la justice sociale, mais aussi ce qui est aussi la protection de l’environnement, c’est très important. Nous sommes un pays enclavé, un pays semi-désertique, et nous devons prendre soin de notre environnement, parce que, évidemment, cela va coûter très cher si nous polluons déjà notre environnement. Pour nettoyer ça coûte extrêmement cher. Et comme je l’ai dit, les multinationales, il faut les surveiller, il faut qu’il y ait des clauses de sauvegarde au niveau de l’environnement. C’est déjà le cas dans les différents codes miniers, dans les différentes législations, mais c’est le suivi qui nous manque le plus. Parce que nous avons un ministère de l’Environnement qui n’a pas beaucoup de moyens. Moi, je suggère même qu’il y ait des équipes interministérielles de suivi des inspections par rapport à l’exploitation minière. L’exploitation minière, pour tout le reste, parce que l’instabilité institutionnelle et le manque de suivi au niveau de l’administration créent des difficultés. Quand nous aurons ça, je pense que ça va permettre à l’État de suivre au jour le jour ce qui se fait sur son territoire.
M. Makalou, notre entrevue est envers sa fin. Dernière question. Enfin, selon vous, quelle vision stratégique le Mali devra-t-il adopter pour faire du lithium un véritable moteur de développement durable et souverain ?
MMM : Le lithium nous permet déjà de sortir de la mono-industrie minière, c’est-à-dire la dépendance sur l’or. Quand nous avons commencé l’exploitation de l’or il y a une trentaine d’années, l’or représentait moins de 3% du PIB. Aujourd’hui, l’or est au-delà de 10% du PIB et 80% des recettes d’exportation sont supérieures à cela. Donc, le lithium va amoindrir cela. Et cette transition énergétique, il ne faut pas que nous la rations. Cela veut dire qu’il faut un positionnement stratégique par rapport à l’exploitation au niveau des chaînes de valeur régionales et mondiales. Nous sommes avec les plus gros exploitants, en tout cas acteurs au niveau du lithium, qui sont les Chinois, mais il va falloir diversifier ce partenariat.
Ce n’est jamais bon de compter sur un seul partenaire et il faut quand même faire en sorte que nous ayons des partenariats gagnants.
Et votre mot de la fin ?
MMM : Le mot de la fin, c’est que nous souhaiterions vraiment qu’on puisse vraiment mettre en place un plan d’action opérationnel, une stratégie claire, un positionnement stratégique vraiment opérationnel. C’est-à-dire avec le suivi et l’évaluation. C’est-à-dire une politique axée sur les résultats. Comment, à travers la mise en œuvre, nous pouvons ajuster au fur et à mesure que nous mettons en œuvre. Parce que, je vous ai dit, l’exploitation minière n’est pas pérenne. Elle est intensive en capital et elle est polluante. Donc, il faut vraiment beaucoup d’attention, il faut des contrats gagnants-gagnants, il faut beaucoup de perspicacité, il faut surtout un bon suivi de la part de l’administration. Je suggère vraiment une dynamique interministérielle au niveau de l’État pour le suivi et l’évaluation. Une équipe interministérielle qui va non seulement s’occuper de l’exploitation, mais aussi des données financières, mais surtout des enjeux environnementaux. Parce que, vous savez, les multinationales, évidemment, sont là pour faire des profits. Et si elles ne sont pas contraintes à leurs obligations, c’est-à-dire respecter leurs devoirs et leurs responsabilités, ça va évidemment coûter cher aux pays qui les reçoivent et aux habitants, parce qu’évidemment, il y a beaucoup d’aspects néfastes à l’exploitation minière, si les aspects environnementaux ne sont pas respectés. Le défi est donc double : valoriser le potentiel du lithium tout en garantissant que cette richesse contribue réellement au bien-être des populations et à la transformation structurelle du pays.
Source : Le National du lundi 17 novembre 2025