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PLUS DE 2000 CONTENEURS BLOQUÉS AU PORT DE DAKAR :  Le gouvernement en quête d’une solution

Depuis quelques semaines, plus de 2 000 conteneurs maliens restent immobilisés au port de Dakar. Conséquences, les frais de magasinage s’accumulent ; une situation qui suscite des inquiétudes chez les opérateurs économiques maliens. Face à la situation, Démbélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures, a conduit, du 17 au 21 novembre 2025, une mission malienne dans la capitale sénégalaise. Composée des membres de son cabinet, des représentants des Chargeurs, des Transporteurs et des opérateurs économiques, la délégation malienne avait deux objectifs :  trouver une solution immédiate pour l’évacuation des marchandises et mettre en place un mécanisme durable pour éviter de nouvelles congestions.

Selon la cellule de communication du ministère des Transports et des Infrastructures, la délégation malienne a multiplié des rencontres avec les autorités et acteurs portuaires du Sénégal, en commençant par la rencontre ministérielle conjointe sur les marchandises maliennes en souffrance au port de Dakar. Cette rencontre était animée par le ministre sénégalais des Pêches et de l’Economie maritime, Dr. Fatou Diouf, et son homologue ministre des Transports et des Infrastructures du Mali, Mme Dembélé Madina Sissoko. Là, la situation des 2 400 conteneurs maliens bloqués au port de Dakar a été largement évoquée.

Prenant la parole en premier lieu, le ministre Dr. Fatou Diouf a rappelé la profonde unité entre nos deux pays : « Le Sénégal et le Mali sont un seul et même peuple, liés par l’histoire, la géographie et des familles qui se retrouvent de part et d’autre des frontières artificielles », a- t-elle déclaré. Au regard de ces liens forts, le Sénégal et le Mali ont eu des échanges fructueux et constructifs. Les deux pays conviennent de la mise en place d’un plan d’action pragmatique en deux volets pour désengorger le Port autonome de Dakar et fluidifier cet axe stratégique car près des deux tiers des échanges commerciaux maliens passent par le Sénégal. Les deux pays ont insisté sur la nécessité de trouver rapidement des solutions immédiates et durables. Pour sa part, Mme Dembélé Madina Sissoko, le ministre des Transports et des Infrastructures du Mali, a indiqué que les relations entre le Mali et le Sénégal reposent sur une communauté de destin due à l’histoire et à la géographie, soutenue par la volonté populaire et entretenue par une coopération multiforme. « Nos deux pays, poursuivit-elle, sont absolument appelés à assumer, sans jamais fléchir, le destin de fraternité et de voisinage associés… près de 60 % du commerce extérieur malien passe par le corridor Dakar-Bamako ». Aussi, elle a souligné que cette artère vitale symbolise l’interdépendance des deux économies et doit devenir un modèle de coopération régionale.

Les discussions ont permis de réaffirmer la nécessité de fluidifier davantage le corridor Dakar–Bamako, tant au niveau des procédures administratives que de la rotation des camions et du pilotage des flux. Le rôle central du COSEC a été mis en exergue, notamment dans la gouvernance opérationnelle des corridors, la coordination entre les acteurs portuaires, les transporteurs, les opérateurs logistiques et les acteurs privés maliens, ainsi que dans l’accompagnement technique des chargeurs face aux contraintes sécuritaires.

Les raisons du blocage des conteneurs

L’on apprend par voie de presse qu’en plus des difficultés de transport terrestre engendrées par les groupes terroristes du JNIM sur le corridor Dakar-Bamako, l’état défectueux de la route, il y a l’application intégrale des dispositions de l’article 32 du décret n°2023-0509 du 12 septembre 2023 fixant les conditions de l’usage des voies ouvertes à la circulation publique et la mise à la circulation des véhicules ainsi du règlement n°14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ». Ces deux dispositions auraient interdit la circulation sur nos routes des camions hors gabarit depuis le 15 mai 2025. Les deux mesures instaurent des normes autorisées pour les camions de transport de 17 mètres au lieu de 18,5m. Les camionneurs sénégalais et maliens dont les véhicules dépassent largement la norme de 17 mètres se retrouvent hors circuit. Selon des constats, 30% des camions de transport de fret sont arrêtés à cause de l’application du règlement n°14 de l’UEMOA. Cette situation devient intenable pour des opérateurs économiques maliens qui voient leur fret bloqué à quelques centaines de km leurs magasins après un long périple sur la mer.

Ainsi, « la grande colère des opérateurs économiques s’expliquent par la double pénalité qu’ils subissent. Ceux-ci doivent non seulement rester sans leurs marchandises, mais payent aussi des frais de magasinage. Ce qui entraîne un surcoût pour les opérateurs économiques maliens ». « Face à cette situation, les représentants des groupes de transports maritimes CMA CGM et SMC ont accepté non seulement de lever la suspension du fret vers Bamako, mais également ont demandé l’intervention de l’État auprès des autorités portuaires sénégalaises pour l’assouplissement des frais de magasinage et des surestaries. Ils estiment que les compagnies maritimes sont limitées dans les demandes de réductions de frais. En outre, ils plaident pour la cause des chauffeurs de camions dont certains auraient la trouille de prendre la route. Les rares chauffeurs qui veulent prendre la route sont obligés clouer leurs camions au Mali faute de carburant. C’est pourquoi, ils ont aussi demandé à approvisionner les gros camions en carburant et organiser des escortes militaires ».

Rassemblés par Fabrice Abdoul

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