Libreinfos.com

Actualité d’ici et d’ailleurs
Nomination du Juriste Abdoulaye DIANÉ comme PDG de l’Office du Niger : Mettre le droit au service de l’agriculture

Bien que l’Office du Niger soit un géant agricole malien, sa direction n’a pas toujours été exclusivement assurée par des experts du monde agricole. La nomination d’un Président Directeur Général peut se reposer souvent sur des choix politiques et administratifs qui ont parfois privilégié d’autres profils (ingénieurs, instituteurs, administrateurs, militaires, douaniers etc.).  Bien que des leaders issus du monde agricole émergent et soient nécessaires pour une gestion plus adaptée aux réalités du terrain et aux défis complexes de la sécurité alimentaire, d’autres leaders émanant d’autres secteurs ont laissé une marque indélébile à l’entreprise agricole. C’est le cas de feu Samba Lamine (instituteur), de feu Col Issa Ongoiba et du douanier Abdoul Karim Konaté dit Empé. C’est ce qui a compris l’Agroéconomiste, Oumarou Mohamed Lamine de la Direction Régionale de l’Agriculture de Mopti, qui à travers un poste, en réaction à notre article du vendredi dernier sur la nomination de Abdoulaye DIANÉ comme PDG de l’Office du Niger, a fait une analyse de belle facture et de haut vol, que nous vous proposons ici.

Dans un pays comme le Mali, pionnier de la formation agricole depuis la fin du XIXe siècle, le choix d’un juriste à la tête de l’Office du Niger peut surprendre face à la disponibilité de nombreux agronomes et agroéconomistes de haut niveau.

Cependant, la nomination d’un profil juridique par le Ministre de l’Agriculture pourrait répondre à trois enjeux majeurs que la technique seule ne suffit plus à résoudre :

  1. L’assainissement du foncier

Le principal défi de l’Office du Niger n’est plus seulement de produire, mais de gérer la terre. Les litiges fonciers, l’attribution des baux et la sécurisation des parcelles pour les paysans sont des questions de droit. Un juriste est, par définition, mieux armé pour : Trancher les contentieux entre exploitants; Verrouiller les contrats de gérance; Lutter contre la spéculation foncière.

  1. La réforme des textes et la conformité

L’Office est une institution colossale qui doit évoluer dans son cadre réglementaire. Un juriste à sa tête permet de :

Mettre à jour les textes organiques pour les adapter aux réalités modernes.

Garantir la transparence administrative et la rigueur dans les marchés publics.

Rassurer les partenaires financiers par une gestion strictement conforme aux normes législatives.

  1. L’arbitrage et la médiation sociale

Le Président Directeur Général agit souvent comme un arbitre entre l’État, les investisseurs privés et les organisations paysannes. Le juriste possède les outils de négociation nécessaires pour concilier des intérêts souvent divergents tout en restant dans le cadre de la loi.

Conclusion : Une complémentarité des compétences

Il ne s’agit pas de remplacer l’agronomie par le droit, mais de mettre le droit au service de l’agriculture. Si l’agronome reste le garant de la productivité et de la technicité sur le terrain, le juriste assure la solidité du socle sur lequel repose cette production.

Le Ministre dispose probablement d’une feuille de route où la priorité actuelle est la réorganisation institutionnelle et la justice sociale, avant la pure optimisation technique.

En somme : L’agronome sait comment fertiliser la terre, le juriste veille à ce que cette terre soit protégée, bien administrée et que les règles du jeu soient les mêmes pour tous.

Source : CCRP/ON

 

Leave comment

Your email address will not be published. Required fields are marked with *.