LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE ET PRATIQUES ASSIMILÉES : Des avancées enregistrées au Mali
La reconnaissance de l’esclavage comme un crime contre l’humanité dans la nouvelle Constitution de juillet 2023, l’adoption par le CNT du nouveau Code pénal comportant 17 articles incriminant la pratique de l’esclavage par ascendance, l’élaboration d’un avant-projet de loi spécifique de lutte contre l’esclavage par ascendance est élaboré par la Commission permanente législative du ministère : le Mali a enregistré des avancées dans le cadre de la lutte contre l’esclavage et pratiques assimilées. Des avancées qui viennent d’être saluées par l’Association pour la consolidation de la paix, le développement, la promotion et la protection des droits humains, communément appelée Temedt.
En effet, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’abolition de l’esclavage, la traite des personnes et la prostitution d’autrui adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 02 décembre 1949, l’Association pour la consolidation de la paix, le développement, la promotion et la protection des droits humains, communément appelée Temedt, a organisé une conférence le jeudi, 11 décembre 2025 à son siège à Magnambougou Faso Kanu, en Commune VI de Bamako. Cette conférence, qui était animée par le président de Temedt, Ibrahim Ag Idbaltanat, et son vice-président, Abdoulaye Maco, en présence du partenaire Abdoulaye Cissé de l’OIT, a été une occasion pour l’Association de saluer les avancées enregistrées par le Mali D’entrée de jeu, le président de Temedt, Ibrahim Ag Idbaltanat, a fait l’historique de l’esclavage qui remonte à plusieurs années. Selon lui, cette pratique « têtue qu’est l’esclavage » est un héritage commun auquel on doit renoncer, et même combattre, pour tourner le dos à l’obscurantisme, l’ignorance, la misère et le sous-développement. « La négation du statut d’égalité entre les Hommes est encore ancrée comme croyance, voire une valeur culturelle au Mali. Bousculer de telles idées et croyances exige la persévérance et un don de soi ». Quant au vice-président de l’association Temedt, il s’est focalisé sur les grandes avancées enregistrées dans la lutte contre l’esclavage au Mali sous la transition. En effet, parmi les avancées enregistrées au Mali, Abdoulaye Maco, vice-président du Temedt a énuméré d’adoption de la nouvelle Constitution de juillet 2023. Cette nouvelle Constitution, expliquera-t-il, stipule en son article 4 et cela pour la première fois que l’esclavage est un crime contre l’humanité.
Face à deux axes majeurs…
Mieux encore, « le nouveau Code pénal, adopté par le CNT, comporte 17 articles incriminant la pratique de l’esclavage par ascendance. Un avant-projet de loi spécifique de lutte contre l’esclavage par ascendance est élaboré par la Commission permanente législative du ministère de la Justice l’a transmis au ministre qui a déjà entamé les consultations ». A ces acquis, il ajoute la volonté politique des autorités de la transition ; la mobilisation des organisations de défense des droits de l’homme ; la prise de conscience des victimes. Cependant, souligne le conférencier, Temedt fait face actuellement à deux défis majeurs, à savoir : « L’adoption d’une loi spécifique criminalisant la pratique de l’esclavage par ascendance au Mali ; déconstruire les faux préjugés qui justifie son maintien dans nos sociétés de cette pratique honteuse d’un autre âge ». Pour sa part, Abdoulaye Cissé de l’OIT s’est félicité des avancées sur le plan judiciaire qui a déjà commencé à porter fruit par le recul des actes de provocation flagrantes de certains esclavagistes, des humains qui prétendent être « propriétaires de leur semblables sur lesquels, ils ont droit de vie et de mort ».
Fabrice Abdoul