ASSAINISSEMENT DU SECTEUR MINIER AU MALI : Plus de 90 permis de recherche minière annulés en 2025
Dans le cadre de l’assainissement du secteur minier au Mali, plus de 90 permis de recherche minière ont été annulés en 2025. L’information a été donnée par le ministre des mines, Pr. Amadou KEITA, le jeudi, 22 septembre 2026, devant la presse dans son département. Dans son intervention, le ministre a été clair : « un titre minier n’est pas un patrimoine à garder en veille. C’est un engagement à travailler, à investir et à payer ce que l’on doit ». Des actions qui traduisent la volonté des autorités de la transition à « faire l’or pour les Maliens ».
Le Pr Amadou Keita a rappelé qu’afin que la richesse du sous-sol malien profite d’abord aux Maliens, sans décourager les investisseurs qui la valorisent, le pays s’est doté en 2023 d’un nouveau Code minier et d’une loi relative au contenu local. Ce qui a amené la participation des intérêts maliens peut désormais atteindre 35 % du capital des projets, avec une part réservée aux investisseurs nationaux. Un audit des sociétés minières a permis au gouvernement de recouvrer 761 milliards de francs CFA d’arriérés. Et depuis le 28 novembre 2022, le pays suspendu le traitement des demandes de titres afin de nettoyer cadastre minier. Dans ce sens trois principes guident désormais la démarche gouvernementale. Il s’agit de : la souveraineté, la transparence, le partenariat gagnant-gagnant. La souveraineté s’appuie sur le principe selon lequel le sous-sol appartient au peuple malien, et l’État en est le garant (Art 42 Const. 2023). La transparence a comme principe de base la clarté. Aucune ambigüité dans la gestion minière. Les chiffres, les décisions et leurs motifs sont rendu publics et sont soumis à la lecture de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-Mali). Le partenariat gagnant-gagnant est relatif aux sociétés qui investissent au Mali. Elles doivent pouvoir gagner de l’argent et le Mali doit en tirer sa juste part. Ces trois principes ne s’opposent pas. Ils se tiennent. Par ailleurs, le ministre a expliqué que « un titre minier n’est pas un patrimoine à garder en veille. C’est un engagement à travailler, à investir et à payer ce que l’on doit ». C’est pourquoi en octobre 2025 des titres inactifs ont été annulé. « Nous avons annulé plus de 90 permis de recherche dont les titulaires n’avaient pas produit les documents exigés par les textes en vigueur. Plusieurs sociétés présentes au Mali l’ont elles-mêmes constaté : les titres concernés étaient inactifs. Plus récemment, trois (3) permis d’exploitation ont été annulés, pour « motifs : absence de travaux, défaut de paiement, non-conformité aux obligations du Code ». Les superficies libérées reviennent à l’État et seront réaffectées par une procédure transparente, au bénéfice d’opérateurs actifs ». Ces décisions, explique le ministre, reposent sur les textes. Toutefois, elles interviennent après une mise en demeure, pour des motifs objectifs et écrits. Par ailleurs, les titulaires disposent des voies de recours prévues par la législation en vigueur.
«D’autres annulations suivront. La vérification des titres se poursuit et les permis dont les titulaires ne remplissent pas leurs obligations seront annulés dans les mêmes conditions, dans les semaines et les mois qui viennent. Ces décisions ne visent ni une nationalité ni un secteur. Elles visent l’inaction et le non-respect des textes nationaux en la matière », a précisé le ministre.
Fabrice Abdoul
